
J’ai toujours été réticent aux reconstitutions historiques : les longs-métrages qui se vantaient de précisions dans les détails des restitutions, les romans qui se glorifiaient de décrire l’époque ancienne qu’ils traitaient… Il fallait pour moi qu’un roman ait été écrit à la période qu’il voulait évoquer, que la description soit contemporaine au fait, et que toute tentative de donner une vision réaliste postérieure était forcément vouée à un échec, plus ou moins relatif. Par analogie, les groupes punks des quartiers petits-bourgeois, les reggaemen berrichons et les DJs de tôleries campagnardes avaient le plus grand mal du monde à me convaincre de leurs intégrités, quelles qu’aient été leurs compétences musicales respectives. Et
Lo’Jo, en premières écoutes bâclées, ne dérogeait pas au raisonnement péremptoire et au jugement hâtif : faire une musique, (maladroitement) dite "du monde" quand on vient de l’Angevin, n’était pas gage de "sérieux". Et s’adjoindre les services de musiciens et choristes bourlingueurs, n’était pas suffisant pour chanter l’Afrique et l’ailleurs avec l’heur de me persuader.
J’ai vieilli, j’ai révisé mes positions, las peut-être de devoir justifier intérieurement des contradictions évidentes parfois, fatigué de devoir chercher l’original pour croire y trouver la seule vérité. Mais surtout, on m’a fait écouter Lo’Jo, attentivement, on m’a fait plusieurs fois le plaisir de m’emmener voir le groupe partager ses expéditions musicales sur scène, et j’ai rencontré Denis Péan… Une seule rencontre, forcément brève, une interview dont il ne se souviendra vraisemblablement pas, en interlocuteur perpétuel du monde qu’il est. Autant de façons et de raisons de comprendre que la sincérité est celle du cœur, phrase pipeau en d’autres circonstances, ridicule en d’autres littératures, mais qui, trouve en ce Monsieur éminemment respectable, un exemple(...)
>> Lire l'article sur blogotheque.net
Libellés : Cosmophono, la blogothèqe, Lo'Jo, nouvel album