On peut appeler ça un coup de cœur. Le coup de cœur de la semaine, du mois, de l’année. Je vous en avais déjà parlé dans « Le Soir » et dans Frontstage/, en juillet dernier, dans la foulée de sa prestation, sous la pluie, aux Francofolies de Spa. (
Regardez la vidéo)
En fait, il pleuvait mais Saint-André était à l’abri, sous une frêle tonnelle plantée par sa firme de disques dans un jardin, sur les hauteurs de Spa. On peut appeler ça un show-case, un concert privé destiné à révéler un nouveau talent aux professionnels.
Si je reviens sur Saint-André, ce n’est pas en raison d’une crise mystique qui m’a déjà poussé à embrasser St-Germain et, plus récemment, St-Vincent, ni même parce que je viens de déjeuner dans un excellent libanais, avec le dénommé Saint-André mais parce que
j’ai adoré son premier album dès la première écoute. Il s’appelle
Le grand soir et sort sur le label qui nous a déjà livré Eté 67, Saule & les Pleureurs et Sacha Toorop (on fait pire comme début !).
Pour tout dire, Saint-André en fait s’appelle Jean-Charles Santini, le genre de gars super sympa dont toutes les filles vont vite tomber amoureuses. Surtout quand elles sauront que Jean-Charles est un George Clooney dans son genre, puisque, sans avoir joué dans « Urgences », il est toubib, un vrai lui, kiné diplômé de l’Université de Liège. La ville où il a rencontré son groupe et Jeronimo qui l’a branché dans le milieu.
On se calme les filles : Jean-Charles vit à Paris avec sa madame. Et toc. Jean-Charles est Corse et Saint-André, le nom de son groupe, est en réalité le nom du village où, tout gosse, il allait voir ses grands-parents. A une centaine de kilomètres de Bastia.
Comme ça, vous savez tout. Il ne vous reste plus qu’à vous jeter sur ce disque. Et craquer pour « Un autre que moi », « Est-ce que les hommes pleurent parfois ? », « Mauvaise nuit pour George Best », « Mille amants amènes », « Papa est près de moi », « Tant pis si je mens »… Autant de titres prometteurs, d’une chanson française pop, moderne et classique. Sa reprise du « Comme ils disent » d’Aznavour est à elle seule éloquente.
Produit par Ian Caple (Tindersticks, Bashung…),
cet album est un vrai bonheur. La voix de Jean-Charles risque même de plaire aux fans de Raphael. C’est dire si le garçon a un bel avenir devant lui…
THIERRY COLJON
Libellés : Chronique